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« Nous avions 20 ans », film d'animation sur la bataille de la Somme

20ans

Aurélie Tétart, alias Barbarabeurk, est une jeune artiste picarde. Après des études d'art à l'Université de Picardie Jules Verne à Amiens, elle s'est intéressée à diverses techniques plastiques. Aujourd'hui, elle vient de terminer son film d'animation « Nous avions 20 ans » et revient pour nous sur les origines de son œuvre.

 

Quel est le synopsis de votre film ?

Mon film met en scène deux combattants de la Première Guerre mondiale, Gaston et Bébère, qui cherchent leur unité. L'un d'eux écrit régulièrement à sa femme. La rejoindre constitue sa principale motivation pour continuer le combat. L'itinérance de ces deux hommes se transforme en marche vers la mort, leur environnement évoluant à mesure qu'ils avancent. On les voit passer devant différents monuments victimes du conflit, comme l'église détruite de Villers-Bretonneux ou la basilique Notre-Dame de Brebières à Albert, ainsi que sur la ligne de front où ils côtoient différentes armées. On ne sait pas s'ils sont vivants ou morts. C'est une histoire banale, mais universelle que j'ai souhaité raconter : l'errance de soldats anonymes, dont l'unité a péri et qui souhaitent la retrouver avant de basculer dans la mort.

Quelles ont été vos sources d'inspiration pour réaliser votre film ?

Étant originaire de Picardie, j'ai remarqué les nombreux mémoriaux et cimetières militaires que l'on trouve dans la région. Ce sont des lieux beaux et sereins, très différents des événements qui s'y sont déroulés. Je suis également attachée à une histoire plus humaine du conflit, aux légendes que les hommes ont su créer dans un contexte de guerre. Je songe par exemple à la légende de la « vierge dorée » de la basilique Notre-Dame de Brebières, dans la ville d'Albert.
J'ai également regardé des documentaires sur le sujet, lu de nombreux ouvrages, dont La main coupée de Blaise Cendrars qui m'a particulièrement touchée. Ce livre m'a inspirée pour créer à mon tour un support accessible et pédagogique sur la Grande Guerre.

Quel est l'objectif de votre film ?

J'ai créé ce film pour qu'on se souvienne des « Poilus », de ces hommes qui ont subi tant de souffrances, ont été blessés dans leur âme, dans leur corps ou sont morts. La transmission à la jeune génération est l'un de mes objectifs majeurs. Eux qui n'ont pas la chance d'avoir connu des témoins de cette période sombre méritent qu'on leur explique, pour qu'ils comprennent le passé, qu'ils deviennent à leur tour des acteurs de mémoire. Dans le contexte difficile que nous connaissons, j'espère aussi que notre société saura tirer les leçons du passé et ne connaîtra plus de guerre.

Votre film utilise la technique du stop-motion, une animation image par image similaire au dessin animé. Pourquoi ce choix ?

J'ai souhaité utiliser un support original. Je conçois la technique du stop-motion comme un livre animé. Elle permet de développer de nombreux détails, de voyager à travers les images. Elle rend aussi le spectateur actif et lui permet d'analyser, de s'approprier ce qu'il voit. J'ai aussi eu recours aux ombres animées, très immersives. Les ombres facilitent les contrastes, comme l'a montré le travail de Lotte Reniger, réalisatrice de films d'animation au XXe siècle. J'ai également eu recours aux gélatines de couleurs, des feuilles de couleur disposées sur une source de lumière, qui m'ont permis de créer une ambiance spécifique, comme dans le cinéma fantastique de la Hammer (société de production de films d'épouvante ou fantastique tels La revanche de Frankenstein (1958) ou Le Fantôme de l'opéra (1961), ndlr). J'ai ainsi créé un code couleur : le bleu symbolise l'aube, le vert le front et la dimension militaire, le rouge l'enfer. J'ai également utilisé des figures récurrentes : les crânes, qui montrent que la mort est de plus en plus présente, qu'elle domine l'univers des deux combattants dont nous suivons l'errance, les sabliers qui soulignent que le temps s'écoule inlassablement ou encore les rats, allégories macabres des difficiles conditions de vie.

Quelle est la diffusion de votre film ?

La première diffusion est assurée sur le site dédié au centenaire du Conseil départemental de la Somme : www.somme14-18.com. Je souhaite ensuite animer des ateliers pédagogiques, principalement à destination de jeunes. Mon film permettra à la fois d'échanger sur la Première Guerre et le vécu des soldats, mais servira aussi de support pour travailler sur la représentation artistique que l'on peut en faire, par l'intermédiaire de techniques accessibles au plus grand nombre.

Propos recueillis par Florie Dournel
 

Pour contacter l'artiste : barbarabeurk@hotmail.fr

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