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Tolkien : des champs de batailles de la Somme à la naissance de la fiction

Tolkien

MOBILISATION

En 1915, John Ronald Reuel Tolkien à 23 ans. Tout juste diplômé d’Oxford, il voit ses ambitions littéraires s’éloigner alors qu’il part s’entraîner avec le 13ème bataillon de réserve des fusiliers du Lancashire. Rapidement transféré dans le 11ème bataillon de services du corps expéditionnaire britannique, il arrive en France en juin 1916. Le père du Hobbit est alors réconforter par la présence au front de ses amis universitaires Gilson, Smith et Wiseman (seuls Tolkien et Wiseman s’en sortirons).
 

ENGAGEMENTS

Mobilisé sur le front de la Somme, Tolkien sert comme officier de transmissions lors de l’offensive. Il participe à la sanglante bataille de la crête de Thiepval, aux terrifiantes attaques sur la redoute des Souabes ainsi qu’à la capture de la tranchée Régina. Entre le 1er juillet et le 8 novembre 1916, l’auteur britannique survit à l’inconfort, la peur, la boue, le froid de la bataille de la Somme. C’est la fièvre des tranchées, une maladie transmise par les poux qui prolifèrent au front, qui sort Tolkien de l’horrifique expérience des combats.
 

INSPIRATION

Dès sa convalescence dans le Staffordshire, plus que jamais marqué par la violence des offensives et les images d’un territoire déchiré encore en mémoire, Tolkien entame la rédaction de La Chute de Gondolin, premier des Contes perdus. La terre du milieu (Middle-earth) lui est donc en partie inspirée par le souvenir encore frais des champs de bataille de la Somme. L’auteur confiera d’ailleurs bien plus tard, que la description des marais des morts (dead marches) du Seigneur des anneaux fut directement influencée par son expérience de la première guerre mondiale sur le front de la Somme : lorsqu’il pleuvait, après les assauts, les cratères du no-man’s land devenaient autant de lacs où flottaient des cadavres de soldats des deux camps.
Des champs de bataille à la naissance d’une fiction, il n’y a qu’un pas que J.R.R. Tolkien a franchi comme Blaise Cendrars, Jean Cocteau, Robert Graves, Wilfried Owen, Siegfried Sassoon, Ernst Jünger et bien d’autres. Mais au-delà de la seule description de la désolation, Tolkien a choisi de glorifier dans toute son œuvre les actions héroïques et honorables d’individus au service d’une cause commune.
En 1940, Tolkien témoigne que " Avoir été saisi en pleine jeunesse par la guerre de 14 fut une expérience hideuse. J’ai été planté au cœur du conflit au moment même où mon inspiration était la plus forte, ou j’avais tant de chose à apprendre ; je n’ai jamais pu rattraper le temps perdu." Quelle aurait donc été l’œuvre poétique de l’auteur virtuose sans les horreurs du premier conflit mondial ? Le Hobbit aurait-il pu connaitre un autre berceau qu’une tranchée de la Somme ?

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