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Monuments et cimetières de Pozières

Monuments et cimetières de Pozières

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Monuments et cimetières de Pozières

pozières
Veronique Bon Illust1©Comdesimages.com
La ligne de front se fige au sud de Pozières dès l’automne 1914, qui se trouve entre les 2e et 3e lignes allemandes. C’est un site clef du dispositif défensif allemand, situé sur le plateau, flanqué de 2 blockhaus-observatoires au nord et au sud, dominant tout le champ de bataille (côté Albert, “Gibraltar” - côté Bapaume, “le Moulin à Vent”).
Sa position stratégique en fait un solide verrou,  que les troupes alliées devaient conquérir pour investir la Ferme du Mouquet, puis la colline de Thiepval, point de défense également solide de l’armée germanique.

Dans le cadre de la bataille de la Somme, la  Ière Division australienne et la 48e South Midlands Division partent à l’assaut du village le 23 juillet 1916 et le conquièrent le lendemain. L’artillerie allemande bombarde alors sans relâche Pozières, les voies d’accès et les troupes. Au moment de la relève le 5 septembre par les Canadiens à la Ferme du Mouquet, la  Ière Division a perdu 5 000 combattants. La ligne de front s’établit alors au nord du village, avant de s'éloigner en 1917 à la faveur du repli allemand, derrière la ligne Hindenburg. Le 21 mars 1918, l’armée allemande lance la Kaiserschlacht (Bataille de l’Empereur), mettant fin provisoirement à la guerre de positions. Pozières est reconquis les 24 et 25 mars 1918 par les troupes germaniques. Finalement, la 27e Division britannique reprend définitivement le contrôle du secteur le 24 août 1918.

Le nom de Pozières possède une telle renommée dans la mémoire australienne qu’il a été donné, après la guerre, à un petit village du Queensland (Australie).

Mais Pozières a également été marqué par la première participation au combat des chars, le 15 septembre 1916. Des 49 tanks britanniques Mark I qui se déployèrent sur une ligne Courcelette - bois de Leuze (près de Combles), 27 tanks au total atteignirent la ligne de front allemande, 19 leur premier objectif, 11 leur second et seulement 6 leur troisième. Cette date marque le début d’une progression britannique plus équilibrée et un annonce un changement dans la tactique de combat avec cette nouvelle arme.

à voir

  • Le cimetière des colonnes. 

Le cimetière est créé pendant le conflit par des unités combattantes et des ambulances, afin d’y inhumer les corps de soldats tombés entre 1916 et 1918. Le cimetière définitif est aménagé après l’armistice par l’architecte W. H. Cowlishaw, avec une sculpture de Laurence A. Turner. Il regroupe les stèles de 2 760 combattants tombés dans le secteur (dont la moitié ne sont pas identifiés) en 1916 et 1918. Le mémorial a été construit autour du cimetière pour rappeler la mémoire de 14 694 combattants britanniques et sud-africains ne disposant pas de sépultures connues, disparus lors de la Bataille de l’Empereur, du 21 mars au 7 août 1918. Le mémorial est inauguré par Sir Horace Smith-Dorrien le 4 août 1930.
Son architecture de colonnes et ces milliers de noms gravés en font un lieu émouvant et unique du Circuit du Souvenir. Ce site fait partie des 11 sites de la Somme candidats UNESCO à l'inscription au patrimoine mondial de l'humanité.
Le site se distingue par son architecture originale. Il n'obéit pas au principe du « cimetière-jardin » largement répandu, où le cimetière est ouvert sur l’environnement qui l’entoure. Cette particularité met en lumière le mémorial et les disparus à qui il est dédié. Il s'inscrit dans la continuité du mémorial de Thiepval.

  • Le monument aux chars: ce sobre obélisque en pierre s’orne, aux angles, de quatre modèles réduits de chars en bronze utilisés dans les années 1916-1918.
  • “Le Gibraltar” et le Monument à la 1ère division australienne : de ce gigantesque blockhaus observatoire allemand en béton de 3 mètres de haut situé au sud du village, il ne reste que les fondations. De nouvelles installations d’interprétation au Mémorial de la 1ère Division australienne de Pozières ont été inaugurées le 26 avril 2014 pour aider les visiteurs à mieux comprendre le rôle joué par l’Australie lors de la bataille de Pozières: réaménagement du parc mémorial autour du blockhaus de Gibraltar, avec notamment une nouvelle plate-forme d’observation surélevée avec table d’orientation indiquant les principaux emplacements du champ de bataille et deux sentiers de promenade permettant de parcourir les principaux sites à Pozières et aux alentours. L’accès y est libre et gratuit toute l’année.
  • Le site du "Moulin à vent" correspond au second blockhaus situé coté nord, érigé par les Allemands dans les vestiges d'un moulin à vent. Le site a été capturé le 4 août 1916 par les troupes australiennes. Situé face au monument aux chars, une stèle à la 2ème division australienne rappelle ce fait d'armes.

La mémoire vivante

Dans la mémoire collective australienne, Pozières est un site emblématique : il s’agit de la première victoire du pays sur le front occidental, qui a causé de nombreuses pertes. Il incarne également le courage de troupes qui ont tenu les positions, malgré les conditions extrêmement difficiles. De nombreux Australiens y viennent en pèlerinage. Le site est fréquemment visité par des touristes de mémoire, pour son esthétique recherchée, les hommes qui y sont inhumés, mais aussi parce qu’il conjugue deux formes mémorielles : un cimetière et un mémorial.
 

Tous les 2 ans, en juillet, l’association Digger-cote 160 organise une grande fresque historique sur la vie du village de Pozières pendant la Bataille de la Somme en 1916 : le capitaine australien Percy Cherry recevant des mains d’un officier allemand mortellement blessé un paquet de lettres destinées à sa famille, le destin de deux soldats australiens liés au crucifix et à la cloche de l’église, l’attaque des premiers tanks ou le retour au pays des soldats qui ont traversé l’enfer. Plus d'infos sur www.digger-pozieres.org