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Projet UNESCO : la préservation des sites de mémoire

Le dossier d'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO des sites funéraires et mémoriels du front Ouest de la Grande Guerre (dont 11 sont situés dans la Somme) a été officiellement déposé en janvier 2017. Ce projet constitue un enjeu majeur en termes économiques et touristiques pour le département de la Somme et un engagement volontaire pour le Conseil départemental, sur le long terme, exigeant au regard des attentes de l'UNESCO à satisfaire pour l'inscription au patrimoine mondial.

Le projet UNESCO : paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre

 
Depuis 2011, aux côtés de la Belgique et des 13 autres départements français du front occidental 14-18, le Département de la Somme œuvre activement au sein de l'association "Paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre" pour inscrire ces territoires au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Le bureau de l'association est co-présidé par Laurent Somon, président du Conseil départemental de la Somme, et Claude Léonard, président du Conseil départemental de la Meuse.
 

Paysages GG
Vue aérienne du cimetière de Villers-Bretonneux - Crédit : Nadine Bawedin-Purvost

Le concept du projet : la Valeur Universelle Exceptionnelle (VUE)

Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), la France et la Belgique ont été témoins de combats effroyables. Ce premier conflit total et industriel a provoqué la mort en masse d’hommes issus des cinq continents. Un nouveau « culte des morts » apparaît alors : chaque combattant, chaque travailleur qui a perdu la vie doit être honoré personnellement, sans distinction de nationalités, d’ethnies, de religions ou de catégories sociales.

Cet hommage, individuel, prend la forme de cimetières et d’ossuaires pour abriter leurs corps, tandis que des mémoriaux ont été érigés pour ceux dont la dépouille n’a pas été retrouvée. Ce sont les disparus. Ces éléments funéraires traduisent l’égalité devant la mort de ces hommes et rappellent leur sacrifice.

Aujourd’hui, cette architecture funéraire est devenue l’incarnation d’une histoire commune, partagée et réconciliée. Les nombreuses cérémonies et le tourisme de mémoire symbolisent cette volonté de se souvenir ensemble. Un siècle après le conflit, ces sites sont à la fois des lieux d’hommage et des sources d’enseignement, pour que telle hécatombe ne se reproduise plus.  

Pourquoi un projet d'inscription au patrimoine mondial ?

Pour l’UNESCO, « le patrimoine est l’héritage du passé dont nous profitons aujourd’hui et que nous transmettons aux générations à venir. » L’inscription d’un bien sur la liste du Comité du Patrimoine mondial vise à souligner sa valeur exceptionnelle, le faire connaître dans le monde entier, apporter la reconnaissance pour ce qu’il incarne.

Ce projet a pour objectifs :
- apporter une reconnaissance internationale aux combattants tombés pendant le conflit ;
- préserver les sites qui leur rendent hommage à l'origine de paysages remarquables ;
- valoriser la mémoire vivante pacifique et partagée qui s’est développée sur les sites de mémoire ;
- pérenniser l’appropriation du bien par la population locale et du monde entier ;
- mettre les sites de mémoire en réseau à l'échelle du front occidental ;
- contribuer au développement du territoire.

Les sites sélectionnés

Les 139 sites candidats sont répartis sur les 750 km de la ligne du front occidental en Belgique et en France, reliant la mer du Nord à la Suisse. Un comité scientifique international a procédé à la sélection : chaque site a été choisi parce qu’il est unique, authentique, intègre et remarquable. Il traduit aussi un ou plusieurs élément(s) significatif(s) de l’architecture funéraire militaire.

Les sites candidats se justifient tous par leur unicité, leur caractère exceptionnel et leur authenticité, à l'échelle du front occidental.

Parmi les sites candidats, 11 sont situés dans la Somme :
- Le parc commémoratif terre-neuvien de Beaumont-Hamel, ses mémoriaux et le cimetière militaire du Commonwealth "Hunter"s cemetery"
- Le cimetière militaire du Commonwealth "Mill Road Cemetery" à côté de la Tour d'Ulster est aussi candidat pour son esthétique originale, avec des stèles couchées.
- Le mémorial aux disparus à Thiepval et le cimetière militaire franco-britannique
- Le cimetière britannique et mémorial de Pozières
- le mémorial national sud-africain de Longueval et le cimetière militaire du Delville Wood
- la nécropole nationale française et la chapelle du Souvenir Français de Rancourt-Bouchavesnes
- le cimetière militaire du Commonwealth de Rancourt
- le cimetière militaire allemand de Rancourt
- le mémorial national australien et cimetière militaire de Villers-Bretonneux
- le cimetière militaire et mémorial chinois de Noyelles-sur-Mer
- le cimetière militaire du Commonwealth de Louvencourt, l'un des trois premiers cimetières militaires du Commonwealth, un cimetière-prototype.
 

Pourquoi est-il important de préserver ces sites de mémoire ?

Paysages GG
Tranchée de Beaumont-Hamel - Crédit : Philippe Sergeant Cg80

- La Première Guerre mondiale est un événement majeur et unique, qui a changé à jamais la face du monde.

Rien n’est comparable à ce conflit par le nombre de combattants engagés, tués, disparus, gazés, blessés, venus du monde entier pour se battre, le nombre de non-combattants qui ont directement participé à la guerre et dans certains pays comme le Royaume-Uni ou la France, l’engagement de toute une population, de tout un peuple derrière son armée sur une période aussi longue.

La Grande Guerre c’est aussi :

  • des régions entièrement détruites, des villages rasés, comme dans l’arrondissement de Péronne où une seule église a réchappé au conflit ! Et qui ont vécu une véritable renaissance après 1918, avec une architecture nouvelle, des maisons modernisées avec l’eau courante par exemple.
  • la création d’œuvres artistiques et littéraires majeures.
  • une période de deuil considérable qui a vu toute une génération sacrifiée au combat, des millions d’orphelins, de veuves, de familles éplorées.
  • un hommage aux soldats pour la première fois aussi fort avec la construction de mémoriaux (nationaux, régimentaires, familiaux…), l’inhumation de millions de soldats, le pèlerinage des familles et la réalisation de nombreux monuments aux morts qui inscrit le sacrifice des soldats dans l’espace public. 

 
Les paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre sont les derniers témoins vivants de cette époque et méritent à ce titre d’être préservés. Autrefois lieux de destruction, ils sont devenus ceux de la réconciliation, véritables symboles des nations ennemies d’hier, qui sont aujourd’hui unies dans la paix, la mémoire et l’histoire.

- La Somme a été le siège de deux batailles majeures de la Grande Guerre

La plus connue, en 1916, est la plus meurtrière de la Grande Guerre, comptabilisant plus d'un million de pertes, c'est-à-dire les morts, les blessés et les disparus, en seulement quatre mois et demi. Au ratio, cela représente près de 7 500 pertes journalières. La bataille de la Somme a opposé les armées française et britannique à l'armée allemande. Par la mort de masse engendrée, le caractère industriel des combats, la brutalisation faite aux corps et le nombre de nations engagées, elle constitue avec la bataille de Verdun un véritable tournant dans le conflit, la pratique de la guerre et l'expérience des combats.

En 1918, la Somme est aussi le siège de la Bataille de l'Empereur traduite par une offensive éclair de l'armée allemande arrêtée dans le secteur de Villers-Bretonneux, la première grande victoire américaine à Cantigny, la naissance de la tactique de la bataille moderne au Hamel et la grande contre-offensive finale alliée continue, qui débute le 8 août dans le secteur de Moreuil pour se terminer par l'armistice le 11 novembre. Ces deux batailles, en 1916 et 1918, ont particulièrement bouleversé le territoire de la Somme qu'il a fallu entièrement reconstruire à l'est.
 

L'engagement du Conseil départemental de la Somme

Au niveau administratif : la Somme a souhaité s'investir dans le projet UNESCO dès ses origines, en devenant membre fondateur de l'association des "Paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre" en 2011. Laurent Somon, Président du Conseil départemental de la Somme, copréside cette association avec son homologue de la Meuse. L'équilibre est/ouest est ainsi assuré.

La mobilisation du Département se traduit par un soutien au projet et un investissement quotidien, mais aussi par la mobilisation et la coordination des nombreux partenaires. En effet, le Département est un coordinateur et un facilitateur auprès des différents acteurs qui interviennent localement. Véritable ensemblier, le Département ne se supplée à aucun de ses partenaires : ni à l'État pour les mesures de protection, ni à un organisme de gestion de sépultures pour l'entretien, par exemple.

Pour un département comme la Somme, les partenaires sont de fait très nombreux. Il s'agit des communes, des intercommunalités, d'offices du tourisme, de quatre organismes de gestion des sépultures, des représentants de différents pays, des musées concernés par la thématique, des services déconcentrés de l’État, des associations mémorielles… Un vaste panel qui se retrouve à l'occasion du Comité départemental UNESCO réuni chaque année.

Les impacts potentiels pour la Somme

Une promotion optimisée de la Somme comme destination touristique :

- une fréquentation touristique moyenne en hausse de 30 % sur les cinq années qui suivent l'inscription a été constatée pour les biens inscrits à l'UNESCO
- assurer la mise en réseau des sites à une échelle plus vaste, par exemple faire connaître les sites de mémoire de la Somme à des publics intéressés par la thématique dans les autres territoires (comme les Allemands, très présents à Verdun, peu dans la Somme)
- la sensibilisation de nouveaux publics (de nouvelles nationalités comme des Sud-Américains, davantage d'Asiatiques..., de nouvelles catégories d'âges comme les parents de jeunes enfants...)

La pérennisation du tourisme de mémoire dans la Somme :

- viabiliser l'ensemble des aménagements du territoire, qu'il s'agisse d'équipements du département comme l'Historial de la Grande Guerre ou le Centre d'accueil et d'interprétation à Thiepval, mais aussi ceux de l'ensemble des partenaires, notamment les musées parce qu'ils participent chacun à la dynamique du territoire
- viser de plus grandes retombées économiques pour le secteur privé, notamment les hébergeurs, les restaurants, les guides professionnels…

L'exposition itinérante

Afin de sensibiliser les habitants et le grand public à la démarche, une exposition bilingue en français et en anglais circule sur le territoire depuis octobre 2017.
L'exposition présente les sites candidats UNESCO de la Somme avec de magnifiques photographies et explique pourquoi ils ont été choisis à l'échelle du front occidental.
 


Après avoir passé par le parc terre-neuvien de Beaumont-Hamel, l'exposition est installée à Albert, dans la cour de la communauté de communes du Pays du Coquelicot, jusqu'au début de l'année 2018, avant de circuler dans les autres communes de la communauté de communes.
 

Soutenez le projet

Si vous aussi, particulier, association ou collectivité, souhaitez que cette démarche aboutisse, vous pouvez participer au projet en manifestant votre soutien :
 

  • sur le site internet de l’association « Paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre » :  en remplissant le formulaire « Je soutiens l’inscription » ou en rédigeant une lettre de soutien.
  • en devenant membre de l’association « Paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre » (15€ pour les particuliers et associations, 15€ à 250€ pour les communes, en fonction du nombre d’habitants)
  • en votant une motion de soutien au projet, comme l’a déjà fait le Parlement national écossais, si vous êtes une collectivité ou une assemblée élue.

 

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